Qu'est-ce que la lèpre ?

La lèpre est une maladie qui affecte la peau et le système nerveux, elle n'est pas mortelle. Le bacille de la lèpre (Mycobacterium Leprae) a été découvert en 1873 par le Dr Hansen de Norvège. Actuellement, il n'existe toujours pas de vaccin contre la lèpre. Le temps d'incubation varie de plusieurs mois à des dizaines d’années ! Le bacille de la lèpre est proche de celui de la tuberculose.

Depuis quand existe-t-elle ?

On peut presque dire depuis toujours. Elle est mentionnée dans les textes les plus anciens (voir son Histoire). La lèpre est une des plus anciennes maladies connues.

Comment se transmet-elle ?

La manière dont se transmet la lèpre n'est pas encore complètement définie. On suppose qu'elle se transmet de façon analogue à la grippe, c'est-à-dire par micro gouttelettes (toux, éternuements, etc.) La pauvreté, les mauvaises conditions d'hygiène, la malnutrition, favorisent la propagation de la maladie. Toutefois, dès le commencement du traitement les patients ne sont plus contagieux.

Puis-je attraper la lèpre ?

La lèpre ne se transmet pas facilement. Elle ne se communique que lors de contacts prolongés avec une personne atteinte. Près de 95% des personnes sont immunisées naturellement. Il est donc improbable que l'on attrape cette maladie lors d'un voyage.

A quoi ressemble-t-elle ?

Pour simplifier, on peut dire qu'il y a deux formes principales de lèpre : paucibacillaire et multibacillaire.
-    forme paucibacillaire : les personnes souffrent surtout de lésions de la peau et de détérioration des nerfs. Cela peut conduire à l'invalidité d'un membre ou des paupières. Ces dommages peuvent mener à la cécité.
 
-    forme multibacillaire : les agents infectieux se multiplient de façon importante. Les patients étaient contagieux bien longtemps avant de remarquer les premiers signes de la maladie. Lorsque finalement la lèpre se déclare, des nodules apparaissent sur la peau.

Les ulcères et les mutilations que l'on voit souvent chez les personnes affectées par la lèpre ne sont pas provoqués directement par le bacille. Ils sont causés par les nerfs endommagés et l'insensibilité qui en résulte. Le malade, n'ayant plus de sensations dans les mains, se blesse ou se brûle facilement. Les lésions génèrent des infections mais, vu le manque de sensibilité à la douleur, elles ne sont pas vraiment prises au sérieux par le patient. L'infection peut alors se développer sans encombre, et conduire jusqu'à l'amputation d'un membre.  

Quelles sont les conséquences de la lèpre ?

Le bacille de la lèpre attaque les nerfs périphériques, ce qui provoque une perte de sensibilité de la peau. Les premiers signes sont généralement des taches claires ou rougeâtres sur la peau, insensibles au toucher. Parce qu'il y a perte de la sensation de douleur, les personnes affectées par la lèpre ne ressentent et ne soignent pas leurs plaies. Des ulcères se développent et, avec le temps, se creusent si profondément, qu'on en arrive à la perte totale d'un ou plusieurs membres. Lorsque ce sont les nerfs oculaires qui sont touchés, et que finalement les paupières ne se ferment plus, la conséquence est la cécité.
 
Pourtant le pire, pour les personnes affectées par lèpre, ce sont les problèmes sociaux liés à cette maladie : il arrive que ces hommes ou ces femmes soient exclus de leur communauté voire de leur famille. Une des raisons en est la peur irrationnelle et profondément ancrée.
 
La Mission Évangélique contre la lèpre informe les membres de la famille et les communautés sur ce qu'est la lèpre. Par ce moyen, elle tente de faire tomber les barrières sociales et éviter ainsi l'exclusion des personnes affectées par la lèpre.

La lèpre est-elle guérissable ?

Oui. Avec la polychimiothérapie (PCT), les cas simples sont guéris dans un délai de six mois. Les cas plus graves doivent être traités pendant une période pouvant aller jusqu'à deux ans. Si la maladie est diagnostiquée et soignée à un stade précoce, les patients n'auront aucune séquelle de la lèpre.
Depuis 1981, plus de 15 millions de personnes ont été guéries de la lèpre !

Que peut-on faire contre les conséquences psychiques et sociales ?

Dès que des signes visibles de la maladie apparaissent, les personnes atteintes courent le risque d'être rejetées par leur entourage, et même parfois par leur propre famille. Puis elles vont perdre leur emploi et, finalement leur dignité.
 
Les personnes affectées par la lèpre ont besoin d'un soutien global pour pouvoir retrouver un sens à leur vie, leur dignité, être réintégrées dans leur famille et dans la société. Pour les aider, Mission Lèpre organise et soutient des campagnes de sensibilisation, des programmes de prévention, des groupes de soutien, des formations professionnelles, des microcrédits, et de la chirurgie reconstructrice.

Peut-on faire quelque chose contre les handicaps dus à la lèpre ?

Nous aidons les personnes handicapées avec tous les moyens disponibles sur le plan médical, tels que physiothérapie, opérations reconstructrices, ergothérapie, fabrication et mise à disposition de chaussures adaptées et/ou prothèses. Il n'y a cependant rien que l'on puisse faire pour réparer les nerfs endommagés.

Combien de personnes souffrent de la lèpre ?

Toutes les 2 minutes une personne apprend qu’elle a la lèpre, soit 200'000 nouveaux cas chaque année. Toutes les 20 minutes, un enfant est diagnostiqué porteur de lèpre !
On estime que deux à quatre millions de personnes vivent avec un handicap dû à la lèpre.

La Mission Évangélique contre la lèpre développe et soutient des projets et des programmes dans une trentaine de pays, elle est au service de près de 305 millions de personnes.

Dans quels pays est-elle présente ?

C'est surtout dans les pays pauvres du Sud que la lèpre représente un gros problème. Les pays les plus touchés sont l'Inde (plus de 50% des cas de lèpre du monde), le Brésil, et l'Indonésie. Puis viennent le Congo RDC, L'Éthiopie, le Népal, le Bangladesh, Myanmar, Madagascar, les Philippines, le Nigeria et le Mozambique (selon les données de 2017).
Carte de la lèpre dans le monde

En Suisse, la lèpre a disparu au 18ème siècle, mais est réapparue brièvement au début du 20ème siècle au Valais.